Discours du 4 Juin 2017

Publié le 7 juin 2017

Ce discours de Madame le Maire Marie-Christine Thouret a été prononcé le Dimanche 4 Juin 2017, à l’occasion de la cérémonie des 800 ans du Pont-Vieux. Retrouvez les autres discours du maire, en cliquant ici.


Chers Sospelloises, Sospellois
Chers amis des Arcs

En ce jour empreint d’histoire, il nous parait naturel de vous convier à un petit voyage dans le temps en harmonie avec les fiers hallebardiers qui nous accompagnent.

Pour rester dans l’air de la commémoration actuelle, vous avez chères (et chers) citoyens tous en mémoire le séjour réalisé le 21 février – c’est à dire en l’an de grâce 1217 – par le chancelier Hugues, mandaté par nos gouvernants les Comtes de Vintimille et la république de Gênes.

Ce juge a accepté de se déplacer dans notre vallée pour arbitrer un différent obscur qui perdurait entre les habitants de la rive gauche et ceux de la «ville» sur la rive droite.

L’accord, signé sur la place St Nicolas voisine, mentionnait ainsi pour la 1ere fois l’existence de notre pont «Fait à Sospel, sur la place au-delà du pont» Fecit in Cespelli, in platea ultra pontem.

Cet antagonisme a perduré depuis les premiers ouvrages en bois qui franchissaient ici la Bevera ; A tel point que lorsque nos grands-mères, après avoir fait leurs principales courses dans les nombreuses boutiques de la rue de la République (a carriea longa), en constatant qu’il leur manquait un article s’exclamait dépitée en sospellois : «Mé car passar ou pouant !» je dois traverser le pont !

Un autre monde, qui subsistait encore dans les années soixante où les limites du Bourg étaient encore la route nationale ; route que les jeunes enfants de la rive gauche avaient l’interdiction de traverser seuls!

Le Pont-Vieux, longtemps l’unique pont sur la Bevera, a permis le passage des processions rituelles des pénitents, les farandoles des demoiselles d’honneur du festin et les chants de génération de conscrits qui quittaient parfois pour la première fois leur village.

Le bâtiment, atypique et symbolique, qui se dresse sur le Pont a accueilli une grande variété de professions, véritable miroir de la société traditionnelle de Sospel : perruquier, épicier, marchand de chapeaux, bazar et enfin vannier. Ensuite, notre emblématique Pont ne pouvait être que le siège de l’office de Tourisme de Sospel.

Précurseur des réseaux sociaux actuels et moins aléatoire que les techniques modernes, le Pont-Vieux a joué pleinement son rôle social : D’échange d’informations, de point de rencontre, de prédictions météorologiques, de considération sur l’abondance des truites et le niveau de la Bévéra et a permis de perpétuer les conversations en sospellois des riverains accoudés au parapet.

Aujourd’hui, comme un vénérable ancêtre, dont on ne connaît pas précisément la date de naissance, nous fêtons la vigueur de notre Pont Vieux bien solide sur ses 2 arches depuis 800 ans (et surement plus).

Qu’il demeure notre lien commun et le trait d’union des générations futures.

Vive le Pont-Vieux !